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Une série de la RTS Radio Télévision Suisse
La Première Guerre mondiale
1914-1918
VOUS INCARNEZ LE GÉNÉRAL WILLE
Localisation spatio-temporelle
Le Général Wille a été localisé spatio-temporellementLieu : Berne, Palais fédéral
Événement : Élection au Parlement d'Ulrich Wille au poste de « Général » de l'armée suisse
envoyé par iPigeon voyageur
Nouveau message de : Ulrich Wille
Bienvenue en 1914. Et félicitations ! Le Parlement vient de nous élire au poste de commandant en chef de l'armée suisse, nous voici élevés au rang de « Général ».
N'oublions pas l'immense responsabilité et rareté de ce grade exceptionnel, qui, en Suisse, existe uniquement en temps de guerre. Car, oui, l'Europe entière est en train de sombrer dans un terrible conflit. Nous en reparlerons.
Aujourd'hui, le Parlement suisse a donc du départager deux candidats, le colonel Sprecher von Bernegg et nous-même. Nous avions l'avantage de bénéficier du soutien du Conseil fédéral mais ces satanés Romands et socialistes ne nous soutiennent pas. Heureusement qu'ils ne sont pas majoritaires !
Nouveau message de : Ulrich Wille
Voici le message du Conseil fédéral contenant les résultats officiels...
Choisissez une réponse :
Général, vous avez fait l'unanimité. Comme tous les généraux élus à ce poste avant vous
Général, sur 192 bulletins, vous en totalisez 122. 63 seulement pour votre concurrent
Général, vous emportez l'élection... 2 voix près ! Sur 192 bulletins, vous en récoltez 97. Le colonel Sprecher von Bernegg en totalise 95
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Difficulté : Moyenne
« Tout autour de nous, nos voisins Européens créent des alliances, se militarisent. La tension monte entre les puissances rivales. Une étincelle et tout pourrait exploser... »
Conseiller en politique étrangère
L'Europe entière connaît une période de développement économique extraordinaire. L'industrie, le commerce et la finance sont florissants. Les États deviennent toujours plus puissants. Et plus riches. Ils rêvent de s'agrandir, d'étendre leur zone d'influence. De se tailler des empires coloniaux. Des alliances se forment. Et se militarisent.
Ci-dessus : Carte des alliances militaires en Europe en 1914 (Source : historicair / wikipedia)
Ainsi, en 1914, deux coalitions rivales montent en puissance et commencent à inquiéter nos experts en politique étrangère : il y a d'un côté, la Triple-Entente qui comprend la France, la Russie et la Grande-Bretagne. De l'autre, la Triple-Alliance conclue entre l'Allemagne, l'empire d'Autriche-Hongrie et l'Italie.
Vous aurez compris que notre situation stratégique, au coeur de l'Europe, est aussi délicate que stratégique. Plusieurs des États alliés sont nos voisins ; France, Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie. Si une guerre éclate, nos frontières pourraient être menacées.
Et le ton monte entre les puissances rivales. Une étincelle et tout pourrait s'enflammer.
C'est ici que commence notre histoire.
« Je n'ai pas de très bonne nouvelles. Sans passer par quatre chemins : notre armée ne fait clairement pas le poids face aux puissances en guerre... »
Conseiller militaire
Je n'ai pas de très bonne nouvelles. Sans passer par quatre chemins : notre armée ne fait clairement pas le poids face aux puissances en guerre. Nos effectifs sont insignifiants, notre aviation est un gag, nous ignorons tout de l'utilisation des chars et nos soldats n'ont même pas casque en acier !L'armée suisse est totalement inexpérimentée. Imaginez qu'elle n'a pas tiré un seul coup de feu sur un ennemi depuis la guerre du Sonderbund, en 1847 !
Cependant, notre grand atout reste notre infanterie. On lui reconnaît une bonne formation. Le soldat suisse est robuste, son fusil est de qualité et il respecte l'autorité, « à la prussienne » comme disent les Romands....
Souvenez-vous que la mission de l'armée suisse est très simple : garantir notre neutralité et notre indépendance en protégeant nos frontières. Elle n'est pas destinée à ouvrir des hostilités contre un ennemi.
Du moins espérons-le. Vraiment.
« Vous venez d'être élu au commandement en chef de l'armée suisse. Ce grade rare est uniquement nommé en temps de guerre... »
Conseiller auprès de l'État-major
Vous venez d'être élu au poste suprême, au commandement en chef de l'armée suisse. Vous dirigez désormais notre État-major, regroupé au Palace Bellevue dans la capitale, Berne.Comme vous le savez, en Suisse, le grade rare de « général » est uniquement nommé en temps de guerre, il n'existe pas en temps normal. À ce jour, seuls deux généraux ont été nommés à ce poste avant vous.
Les candidats au grade suprême sont soumis au vote du parlement, qui représente le peuple suisse. C'est encore devant cette assemblée que le candidat élu prête serment.
La mission du général de l'armée suisse est de garantir l'indépendance et la neutralité de la Suisse, principalement en assurant la défense de ses frontières (consultez le « Conseiller diplomatique - Neutralité »). Et espérons que les hommes ne doivent pas se battre car le Conseiller militaire est affirmatif : notre armée ne fait absolument pas le poids. Les soldats n'ont même pas de casque en acier !
Enfin, nous vous rappelons que vous restez sous l'autorité du Conseil fédéral auquel le parlement vient d'attribuer les pleins pouvoirs. C'est au Conseil fédéral qu'appartiennent toutes les décisions stratégiques et politiques. Vous êtes chargé de les appliquer.
« La Suisse est neutre et son territoire inviolable depuis 1815. Ce principe a toujours été respecté depuis 1815... »
Conseiller diplomatique
La Suisse est « neutre » et son territoire inviolable depuis 1815. Ce principe a toujours été respecté depuis 1815.Par « Neutralité n», on entend « ne pas prendre parti ». Cela signifie qu'un État neutre ne s'engage en aucun cas dans un conflit, ne participe à aucune alliance et ne se positionne pas. Il veille aussi à son indépendance économique en équilibrant ses échanges commerciaux – mais nous verrons que le sujet est épineux.
L'armée suisse que vous dirigez a pour mission de défendre cette neutralité en garantissant l'inviolabilité du territoire. Elle est donc défensive et non-combattante ; elle n'a pas pour mission de s'engager dans des conflits extérieurs.
| # | Meilleurs joueurs | Points |
|---|---|---|
| 1 | Eric Niklaus | 11925 |
| 1 | Christian Ackermann | 11925 |
| 1 | Lioudmila Lioubanskaia | 11925 |
| 1 | Lucia Rubio | 11925 |
| 5 | Tamara Gasser | 11775 |
Ferdinand Jeanneret
Personnage : Ferdinand Jeanneret
Date de naissance : 12 juin 1827
Domicile : Neuchâtel
Fonction : Usager des trains suisses
Particularité : Assiste à l'inauguration de la première ligne ferroviaire du réseau suisse entre Zurich et Baden
Attention : vous interprétez ici un « citoyen suisse lambda » qui, bien que n'ayant pas réellement existé, réagit à des événements qui, eux, ont véritablement eu lieu.
Ferdinand Jeanneret, citoyen et résident de Neuchâtel, naît au début du 19ème siècle. Dès ses 20 ans et jusqu'à sa mort, à la fin du siècle, il va vivre intensément la formidable épopée des chemins de fer suisses.
En 1947, le jeune Ferdinand assiste à l'inauguration de la première liaison ferroviaire du pays, s'offrant même un billet – 2ème classe, mais c'est mieux que la 3ème ! – dans ce premier convoi historique entre Zürich et Baden.
À partir de là, Ferdinand Jeanneret se passionne pour ce nouveau moyen de transport. Il suit attentivement les actualités des gigantesques chantiers en cours et n'oublie jamais d'aller voter, en particulier lorsque le scrutin concerne les chemins de fer. Et il faut dire qu'un vaste débat politique s'amorce, alors que la Suisse trace ses premières voies : gestion publique ou privée ? Par les entrepreneurs ou par la Confédération ? Ce sera le peuple qui aura le dernier mot...
Enfin, Ferdinand Jeanneret devient un utilisateur régulier des trains suisses. Et comme nombre de ses compatriotes de l'époque, il ne manquera pas de s'énerver face au manque de coordination entre les différentes compagnies ferroviaires et les décalages horaires qui existent alors entre cantons suisses !
Hans Schmidt
Personnage : Hans Schmidt
Date de naissance : 4 avril 1839
Domicile : Zürich
Fonction : Citoyen zurichois et suisse
Particularité : Assiste à l'émergence de la démocratie directe dans son canton de Zurich puis dans l'ensemble du pays.
Attention : vous interprétez ici un « citoyen suisse lambda » qui, bien que n'ayant pas réellement existé, réagit à des événements qui, eux, ont véritablement eu lieu.
Hans Schmidt, citoyen et résident de Zurich, naît en 1839. Il est alors âgé de 30 ans lorsqu'une nouvelle Constitution est proposée en votation populaire dans son canton d'origine.
Cette Constitution révolutionnaire introduit, comme quelques autres cantons l'ont fait auparavant, le principe de « Démocratie directe ». Pour la première fois, le peuple pourrait directement interagir avec le système politique un peu flou, réservé à une « élite ».
Enfin, si les Zurichois disent « oui ».
Car nombre de citoyens redoutent cette liberté populaire réservée jusque là à des politiciens éduqués, au terme d'une longue procédure de consultation entre tous les milieux concernés (consulter le « Conseiller conservateur »).
Le scrutin zurichois est très observé par les autorités fédérales qui pourraient bientôt étendre la démocratie directe à l'ensemble du pays. Car pour le moment, la Confédération applique le système de « démocratie représentative » ; les citoyens sont « représentés » par les parlementaires qu'ils élisent et qui, en leur nom, votent les lois et élisent le gouvernement.
Au fil des décennies, notre citoyen Hans Schmidt ne va cesser de se passionner pour cette démocratie au sein de laquelle le peuple, « souverain », détient le pouvoir suprême. Droit d'initiative, référendum, pétition : Hans Schmidt apprend à maîtriser ces nouveaux outils démocratiques et n'hésite pas à faire entendre sa voix.
Il n'oublie jamais d'aller voter. Et, en ce moment plus que jamais, le citoyen suisse est très sollicité...
Car des enjeux stratégiques, qui bouleverseront le visage de la Suisse, vont se jouer dans les urnes ces prochaines années...
Général Ulrich Wille
Personnage : Conrad Ulrich Sigmund Wille
Date de naissance : 5 avril 1848 à Hambourg, Allemagne
Quartiers généraux : Palace Bellevue à Berne, Suisse
Fonction : Officier de carrière instruit en Allemagne. Général de l'armée suisse pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918)
Particularité : Ne cache pas son amitié et sa fascination pour l'Allemagne (Alliance des Empire centraux, avec l'Empire austro-hongrois) dont il est particulièrement proche. Beaucoup, dont les Alliés opposés aux Allemands, doutent de sa neutralité.
Né à Hambourg, Allemagne, en 1848, Ulrich Wille ne cessera de lier sa destinée à ce pays, auquel il voue une fascination décomplexée.
Il y suit son instruction militaire, épouse Clara Gräfin von Bismarck, fille de Friedrich Wilhem von Bismarck, comte de Bismark et demande au Kaiser Guillaume II en personne, troisième et dernier empereur allemand, neuvième roi de Prusse, de devenir le parrain de leur fils.
Ce 3 août 1914, alors que la guerre éclate dans toute l'Europe, l'officier de carrière Wille est l'un des deux candidats à la fonction suprême de l'armée suisse, « Général commandant en chef ». Wille est opposé au colonel Sprecher von Bernegg, un partisan affirmé de l'Autriche (alliée de l'empire allemand). Mais Wille bénéficie des recommandations du Conseil fédéral lorsque les deux candidats sont soumis au vote du Parlement suisse.
Ulrich Wille est élu.
Mais c'est, de loin, la plus mauvaise élection au poste de « Général » de l'historie de la Suisse. Il récolte 122 voix sur 192 bulletins valables. Avant lui, Dufour en 1847 et Herzog en 1870 avaient fait l'unanimité. Wille, le germanophile, concentre le mécontentement de la Suisse Romande et des socialistes, majoritairement favorables à la France et à l'alliance qu'elle forme avec les « Alliés ».
Le Conseil fédéral n'hésite pourtant pas à recommander le colonel Wille auprès du Parlement. Peut-être, précisément, grâce aux relations étroites qu'il entretient avec le puissant empire allemand, en qui beaucoup de nations voient alors le vainqueur évident du conflit qui s'engage.
Wille applique les fondements de son instruction militaire allemande aux troupes suisses, « à la prussienne » : drill et respect aveugle de l'autorité. La solde de 80 centimes (anecdotes et clins d'oeil : les prix de la cantine militaire) sans autre compensation plonge les familles modestes dans le besoin. Les femmes manifestent contre la faim, certaines troupes se soulèvent.
Car le quotidien du soldat suisse n'est pas palpitant. Il s'embête, tue le temps aux frontières. On l'occupe à d'autres travaux d'intérêt général (routes, catastrophes naturelles) lorsque Wille, issu d'une famille d'entrepreneurs, institue le « service à l'appel », mobilisant et démobilisant les hommes selon le besoin et les menaces extérieures.
Le Général de l'armée suisse durant la Première Guerre mondiale sera contesté durant tout son mandat, jusqu'en 1918 lorsque, la guerre arrivant à son terme, on reproche encore à Wille l'engagement des troupes lors de la Grève générale. En 1919, le Parlement se demandera même si sa présence est nécessaire pour la remise de son rapport de mission...
Ulrich Wille mourra en 1925 à l'âge de 77 ans, à Meilen, dans le canton de Zürich.
Robert Grimm
Personnage : Robert Grimm
Date de naissance : 16 avril 1881 à Wald (ZH)
Fonction : Politicien suisse, conseiller national zurichois socialiste, rédacteur en chef du quotidien officiel du parti socialiste suisse « Berner Tagwart » (La Sentinelle bernoise), membre du comité exécutif de l'Internationale socialiste.
Particularité : Proche de Lénine, il l'aidera à rejoindre la Russie. Initiateur du plus grand conflit social de l'histoire suisse.
Surnom : Le « soviet » d'Olten
Politicien socialiste suisse et Président du Comité d'Olten en 1918. Instigateur de la « Grève générale », plus important conflit social de l'histoire du pays.
Robert Grimm, socialiste zurichois de Berne, est un personnage majeur de la scène politique suisse et internationale. Député au Grand Conseil de Bâle-Ville puis de Berne, conseiller national du canton de Zürich, il est aussi rédacteur en chef du quotidien officiel du parti socialiste suisse, « Berner Tagwart » (La Sentinelle bernoise) et siège, depuis 1912, au comité exécutif de l'Internationale socialiste.
Lorsque la Première guerre mondiale éclate, Grimm convie des pacifistes de toute l'Europe à plusieurs conférences auxquelles participe Lénine, alors exilé en Suisse. Elles se déroulent à Zimmerwald (1915) et Kienthal (1916), deux localités isolées du canton de Berne. Même si Grimm est un proche du futur maître du régime bolchévique, ses relations personnelle et idéologique sont tendues avec Lénine. Il l'aidera pourtant, avec la complicité de son camarade Fritz Platten, à regagner la Russie dans un wagon plombé, suite à la révolution de février 1917.
En sa qualité d'interlocuteur privilégié avec le nouveau gouvernement russe, le président de la Confédération Arthur Hoffmann s'approche de Robert Grimm... pour une mission secrète.
Il le charge d'organiser une médiation secrète en faveur d'une paix séparée entre l'Allemagne et la Russie. Grimm se rend donc à Petrograd, anciennement Saint-Pétersbourg, mais échoue dans sa tentative de rapprochement entre les deux puissances ennemies.
Pire. Lorsque l'affaire est dévoilée, elle soulève un tollé. On accuse cette médiation de tentative déguisée pour favoriser l'Allemagne qui aurait ainsi pu relever ses troupes du front oriental pour les concentrer sur le seul front occidental. Les Alliés y voient un grave entorse à la neutralité suisse tandis que des milliers de personnes manifestent en Suisse romande (15'000 uniquement à Genève) et au Tessin pour rappeler le Conseil fédéral à son devoir d'impartialité. La pression est si forte que, le 19 juin 1917, le président Hoffmann est contraint de démissionner. C'est un Genevois, Gustav Ador, partisan déclaré de la France, qui lui succède au Conseil fédéral.
Robert Grimm, lui, est obligé de se faire discret quelque temps. Il s'éclipse totalement de la vie politique suisse jusqu'au début de l'année 1918. Pour un retour très remarqué.
En février 1918, il fonde le Comité d'Olten avec d'autres membres du parti socialiste et de l'Union syndicale suisse. C'est cette instance qui, soutenue par le premier Congrès général ouvrier de l'histoire suisse, appellera à la Grève générale du 12 novembre 1918.
Membre du Conseil fédéral de 1919 à 1939
Personnage : Membre du Conseil fédéral de 1919 à 1939
Date de naissance : 12 juin 1827
Lieu de travail : Palais fédéral, Berne
Particularité : Assiste à la création de la « Société des Nations », milite pour l'établissement de son siège principal à Genève et pour l'adhésion de la Confédération.
Attention : vous n'interprétez pas un personnage historique mais une institution dans son ensemble qui représente les différents ministres du Conseil fédéral à l'époque concernée par le jeu de rôle (1918-1939). Le Conseil fédéral réagit à des événements historiques.
Vous siégez au sein du gouvernement suisse. Il est composé de sept membres parmi lesquels est désigné chaque année, et à tour de rôle, le président de la Confédération. Le Conseil fédéral est élu par le Parlement et se compose, à cette époque, exclusivement d'hommes... puisque les femmes ne peuvent ni voter, ni être élues.
Entre 1918 et 1939, le Conseil fédéral suisse fait face à plusieurs enjeux de taille.
La fin de la Première Guerre mondiale a plongé le peuple dans la pauvreté. Les travailleurs s'emparent de la rue et les grèves se multiplient, ici comme dans l'ensemble de l'Europe, dans le sillage de la Révolution russe.
En Suisse, les tensions atteignent leur paroxysme lors de la « Grève générale » du 12 novembre 1918 qui voit le pays entièrement paralysé par plus de 250'000 travailleurs à l'arrêt.
Parallèlement à ces conflits intérieurs, le Conseil fédéral bataille sur le front diplomatique pour obtenir le siège principal d'une toute nouvelle organisation internationale qui aura pour but d'éviter par tous les moyens que le monde ne sombre à nouveau dans un conflit mondial. Elle est baptisée « Société des Nations » (SDN).
En Suisse, l'organisation ne fera pas l'unanimité, ravivant les vieilles rancoeurs de la Grande Guerre entre partisans suisses-allemands de l'Allemagne – évincés de l'organisation - et partisans suisses-romands de la France. Elle interrogera aussi la neutralité de la Suisse et son rayonnement international.
Au sein du Conseil fédéral, nous côtoierons plusieurs illustres ministres, qui joueront un rôle majeur dans cette histoire : le Genevois Gustave Ador, qui va, dès 1918, défendre la candidature de son canton à l'obtention du siège de la SDN ; Felix-Louis Calonder qui présente, en 1919, la candidature formelle de la Suisse mais aussi, mais surtout, Guiseppe Motta, le Tessinois qui inaugurera la Société des Nations... en frisant le scandale.
Nous fréquenterons les dirigeants des pays les plus puissants de la planète : l'américain Woodrow Wilson, le Français Georges Clemenceau ou l'Anglais Lloyd George.
Il est temps de lier le destin de la Confédération à celui du concert de nations !
Général Henri Guisan
Personnage : Général Henri Guisan
Date de naissance : 21 octobre 1874 à Mézières (VD)
Fonction : Général de l'armée suisse pendant la Deuxième Guerre Mondiale
Particularité : Met en oeuvre le système de fortifications du « Réduit national »
Henri Guisan, vaudois né à Mézières en 1874, étudie d'abord la théologie avant de se tourner vers l'agronomie. Après son école de recrues dans l'artillerie à Bière, Guisan est promu lieutenant en 1894. Puis accède successivement à tous les grades militaires jusqu'à devenir commandant de corps en 1932.
Entre 1914 et 1918, pendant la mobilisation générale de la Première Guerre Mondiale, Guisan siège à l'état-major de l'armée. Mais ses relations avec le Général de l'époque, le germanophile Ulrich Wille, un proche de la famille impériale allemande, sont tendues.
Contrairement à son prédécesseur Wille, contesté par les Romands et les Tessinois, Guisan fait l'unanimité. Soldats et civils, Romands et Alémaniques, villes et campagnes ; tous apprécient cet homme loyal, patriote, parfaitement à l'aise dans les trois langues nationales qui sont toutes représentées au sein de son état-major (lors de la dernière guerre, les principaux gradés de Wille étaient tous alémaniques).
Alors que l'Europe sombre dans un conflit qui se révèlera être le plus meurtrier de l'histoire, le destin de Henri Guisan bascule le 30 août 1939, lorsque le Parlement suisse l'élit « Général de l'armée suisse ». En Suisse, ce grade très rare existe uniquement en temps de guerre et Guisan devient ainsi le quatrième Général de l'histoire du pays.
Élu à une très large majorité (204 voix contre 21), le nouveau Général prête serment devant le Parlement en ces termes : « Je jure fidélité à la Confédération. Je jure de protéger et de défendre de toutes mes forces et au péril de ma vie, avec les troupes qui me sont confiées, l'honneur, l'indépendance et la neutralité de la patrie. Je jure de me conformer strictement aux instructions du Conseil fédéral sur le but visé par la levée des troupes ». Les parlementaires lui font une ovation.
Guisan met rapidement en oeuvre le concept de « Réduit national », un système de fortifications érigé entre 1933 et 1945 dans les Alpes et le Jura à l'intérieur desquelles Guisan regroupe l'essentiel des forces armées suisses.
La stratégie du Général vise à éviter toute invasion en minant les principaux axes de passage dans les Alpes et en menaçant les belligérants de faire exploser ponts, tunnels et routes en cas de violation du territoire.
En regroupant l'essentiel des troupes dans les Alpes, il oblige l'ennemi à affronter un terrain accidenté et hostile. Mais Guisan prend aussi le risque de laisser la population vulnérable sur le plateau, avec une défense réduite à son minimum.
Heinrich Rothmund
Personnage : Heinrich Rothmund
Date de naissance : 6 juillet 1888 à Uster (ZH)
Fonction : Juriste. Directeur de la division de la police du Département fédéral de justice et police (1929-1954)
Particularité : Durant l'entre-deux guerres et la Deuxième Guerre mondiale, est la cheville ouvrière de la politique suisse à l'égard des étrangers et des réfugiés (politique d'asile). Son mandat sera fortement critiqué, il se verra accusé d'antisémitisme et on lui attribuera longtemps l'initiative du Tampon « J ».
Heinrich Rothmund naît le 6 juillet 1888 à Uster dans le canton de Zurich. Il suit des études de droit et obtient son doctorat en 1916.
Alors que la Première Guerre mondiale fait rage aux frontières suisses, Rothmund rejoint dès 1916 l'administration fédérale. Fonctionnaire à l'intendance fédérale du matériel de guerre et à la division industrielle de guerre, il devient en 1919 le chef de l'office central de la police des étrangers puis directeur de la division de la police du Département de justice et police, de 1929 à 1954.
Ainsi, Rothmund supervisera la politique d'asile de la Suisse durant toute la Deuxième Guerre mondiale. Il appliquera les décisions du Conseil fédéral mais prendra aussi des initiatives seul, comme ce 13 août 1942 lorsque, s'appuyant sur un arrêté du Conseil fédéral, il ordonne aux cantons de refuser le statut de réfugié politique aux personnes fuyant les persécutions raciales. Et enjoint les polices cantonales à les refouler à la frontière.
L'histoire accusera Rothmund d'antisémitisme, notamment en 1954 lorsque le Schweizerische Boebachter l'accuse à tort d'avoir initié l'apposition du tampon « J » sur les passeports allemands.
Durant l'après-guerre, Rothmund se retrouve seul à endosser les responsabilités de l'ensemble du gouvernement fédéral, lorsque le Conseil fédéral se distancie de sa politique à l'égard des étrangers et l'impute à son directeur de la division de la police du Département de justice et police.
Il faut attendre le début du XXIe siècle pour que des historiens démontrent « que la focalisation sur le rôle de Heinrich Rothmund revenait à occulter le contexte structurel » (Dictionnaire historique suisse).
Marcel Bordier
Personnage : Marcel Bordier
Date de naissance : 15 octobre 1920 à Champ-du-Moulin (NE)
Profession : Employé dans une fabrique de tabac
Particularité : Employé « moyen » au salaire « moyen », Marcel Bordier et sa famille « moyenne » représentent la « famille-type » des « Fifties ».
Marcel Bordier naît en 1920, peu après la fin de la Première Guerre mondiale.
Et il n'a que 19 ans lorsque éclate le Second conflit planétaire. Le pire de l'humanité, celui des records les plus sordides.
Ainsi, lorsque commence notre histoire, Marcel n'a connu que la peur, la menace des conflits, de mobilisation. Mais aussi la privation, la faim. Il appartient à cette génération de l'entre-deux guerres qui manqua de tout.
Yvonne et Marcel se marient en 1945, à la fin de la guerre. Elle se consacre entièrement à ses trois enfants et à son ménage, qui occupe largement ses journées : s'occuper du charbon et allumer le feu avant de cuisiner. Ou bouillir le linge dans des casseroles. Toute une aventure !
Aujourd'hui, au tournant des années 1950 débutent les « Trente Glorieuses » et ses mille tentations, ses chewing-gums qui font des bulles, ses plats préparés en barquettes jetables, ses jeans, son rock endiablé et ses crédits à la consommation.
Les enfants grandissent et la famille Bordier aspire désormais à une vie plus confortable. Elle souhaite participer et profiter de cet « American Way of life »... plein de promesses.
Alors, vous n'avez pas peur du changement, n'est-ce pas ?
Berthe Raymond
Personnage : Berthe Raymond
Date de naissance : 8 février 1901 à Lausanne (VD)
Profession : Femme au foyer et secrétaire à temps partiel
Particularité : Ce jeu de rôle suit la vie de Berthe, de sa naissance à ses vieux jours, sur les pas des premiers mouvements féministes, jusqu'à l'obtention du droit de vote des femmes sur le plan fédéral.
Attention : vous interprétez ici une femme suisse fictive qui, bien que n'ayant pas réellement existé, réagit à des événements qui, eux, ont véritablement eu lieu.
En ce soir du 8 février 1901, un cri strident déchire la pénombre glacée d'une ruelle escarpée de la capitale vaudoise. Une petite fille vient de naître, elle s'appellera Berthe comme sa grand-mère.
Le brave François Raymond tourne en rond dans la petite pièce au centre de laquelle se dresse le lit de son épouse. Il est bien embêté, le François. Car il espérait un garçon. Un garçon robuste, ambitieux, qui suivrait de brillantes études, qui le conduiraient à une prolifique carrière, qui mettrait toute la famille à l'abri de la misère des vieux jours.
Seulement voilà. C'est une fille. Et une fille, ça ne sert... à rien. Enfin oui. Ça sert à s'occuper du ménage, des enfants, de son époux. Mais à cette époque, c'est à peu près tout. Tant pis, se dit le François. Y aura qu'à réessayer, pis c'est pas l'plus compliqué à faire. Mais bon, quand même. C'est une bouche à nourrir.
Le brave François rumine tellement qu'il ne s'aperçoit pas avoir prononcé ces dernières pensées à haute voix. Mais Éléonore, encore étourdie par la douleur de l'accouchement, n'écoute pas. Ou plutôt oui. Elle écoute. Et elle sourit. Agrippée à son enfant comme un trésor qu'on refuse de partager. Elle sourit. Puis rit, doucement.
Non, se dit-elle. Elle ne servira pas « à rien », sa douce Berthe. Pas elle. Éléonore se battra pour lui offrir ces droits qu'elle n'a pas. Elle se promet que ce bébé endormi glissera un jour un bulletin de vote dans une urne.
Une fille. Comme une promesse.
Celle que la jeune mère se fait à elle-même tandis que les premiers rayons de soleil se lèvent sur la vie de la jeune Berthe...
Roland Béguelin
Personnage : Roland Béguelin
Date de naissance : 12 novembre 1921 à Tramelan (BE)
Fonction : Chef du « Rassemblement jurassien »
Particularité : Il est l'un des artisans de l'indépendance jurassienne
Roland Béguelin naît en novembre 1921 à Tramelan, dans le Jura bernois. Il obtient sa licence de sciences économiques à l'université de Neuchâtel, est nommé secrétaire communal de Tramelan-Dessus et fonde, en 1947, le Mouvement séparatiste jurassien qui deviendra le RJ, Rassemblement jurassien en 1951.
Dès 1950, il assure la rédaction en chef du Jura Libre et, devenu administrateur d'une imprimerie à Delémont, se consacre activement à ce qui deviendra le but de son existence : l'indépendance du Jura francophone vis-à-vis du puissant canton de Berne.
L'homme natif de Tramelan espère bien sûr un Jura grand, fort, uni. Mais les deux grandes régions qui le composent, sud et nord, affichent bien des différences, à commencer par la religion qui y prédomine. Et les grandes ambitions de Roland Béguelin vont s'avérer bien difficiles à réaliser...
La famille Steinbrück, de 1241 à 2010
Personnages : La famille Steinbrück de 1241 à 2010. Alfred (XIIIème s.), Hans (XVIème s.), Rudolf (XIXème s.), Reto (XXème s.)
Dates de naissance : Entre 1181 (Alfred) et 1974 (Reto)
Particularité : Vous interprétez quatre membres de générations différentes de la famille Steinbrück de Göschenen, village stratégique au pied du massif du Gothard qui assistera, au fil des siècles, à l'ouverture et l'expansion du passage le plus mythique des Alpes.
Au fil des siècles traversés par le jeu de rôles proposé ici, vous interpréterez 4 membres d'une même famille, à plusieurs générations de différence. Alfred, Hans, Rudolf et Reto.
L'illustre et vénérable famille Steinbrück von Göschenen - de son nom complet - vit depuis toujours... à Göschenen, un village du pays d'Uri, isolé dans une vallée reculée au pied du magistral massif du Gothard.
Autant dire le bout du monde.
Notre histoire commence aux balbutiements de la Confédération, un jour du début du XIIIème siècle dont l'histoire ne retiendra pas la date exacte. Et pourtant, ce jour-ci, le patriarche de la famille Steinbrück, le robuste et vaillant Alfred, assiste à l'ouverture rocambolesque du premier passage dans le Gothard. Personnes sujettes au vertige s'abstenir...
Les descendants d'Alfred ne s'éloigneront jamais de ce « cher » passage et apprendront à tirer profit des extraordinaires retombées économiques que le frêle et vertigineux passage ouvert par leurs ancêtres va rapidement générer au fil de ses extensions, consolidations et autres améliorations.
En particulier Hans Steinbrück qui, au seizième siècle, s'enthousiasme au passage des premiers convois postaux puis des diligences de passagers. Le transport de marchandises s'intensifie sur un axe européen devenu stratégique... à dos de mules !
Son descendant du dix-neuvième siècle, Rudolf Steinbrück, voit entrer le rail dans le massif du Gothard. Le chantier de tous les défis et de tous les dangers, surnommé « chantier du siècle », connaîtra son lot de drames et sacrifiera la vie de centaines d'ouvriers.
Aujourd'hui, le dernier descendant de l'illustre famille Steinbrück von Göschenen, Reto, suit la progression du chantier du plus long tunnel ferroviaire de la planète. Mais aussi les problèmes de trafic et de sécurité liés au réseau routier à travers le Gothard, désormais saturé de poids lourds.
C'est dans cette folle aventure que nous embarque la famille Steinbrück von Göschenen, dans les coulisses du passage le plus mythique de notre histoire.
Fiches pédagogiques
Dossiers pédagogiques
Les fiches pédagogiques permettent aux enseignants de visionner la série en classe puis d'approfondir les thématiques traitées. Chaque fiche interroge les élèves sur le contexte dans lequel s'inscrit l'épisode, sur les principaux rebondissements traités et les protagonistes qui l'animent.
La série EDNP
En direct de notre passé est une série qui reprend les codes d’un journal télévisé moderne, afin de nous délivrer en direct, des informations sur notre histoire passée.
Dès le 24 décembre 2012 sur la RTS Radio Télévision Suisse.
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En direct de notre passé - EDNP



